Il était une fois Charléty

jeudi 3 janvier 2019

Pour le dernier match de l’année 2018, on avait la chance qu’un petit derby parisien soit au programme de la Domino’s Ligue 2 et que celui-ci soit au stade Sébastien Charléty à Paris. Contrairement à nos voisins européens où on a facilement deux clubs dans la même ville en première division, en France ce n’est pas le cas alors des derbys folkloriques, ce n’est pas tous les jours. Pour ce Paris FC vs Red Star, ça a pété les fumis des deux côtés et même si le score final n’aura pas départagé les deux équipes, l’ambiance était animée.
Maintenant que j’ai décidé que j’étais une experte en notation de stade, il est l’heure de donner une note à ce stade du 13èmearrondissement que je déteste (spoiler).

Pour mieux comprendre les paragraphes qui vont suivre, on va commencer par attribuer les points de l’infrastructure. Le stade Charléty est l’enceinte sportive de la cité universitaire, à côté du siège du CNOSF, un endroit qui pourrait être prestigieux mais voilà, si ce n’est les matchs du Paris FC et quelques événements d’athlétisme, les rendez-vous sont aléatoires. Ce stade se veut multisport et donc quand on va voir du football à Charléty, on est loin du terrain car une piste d’athlétisme a décidé de faire barrière entre le terrain et les tribunes. Globalement on se retrouve loin de l’action et là où en Angleterre vous pouvez toucher les joueurs, où au Stade de France les tribunes sont amovibles, ici ça casse l’expérience. L’infrastructure n’est pas mauvaise dans son ensemble mais quand il s’agit d’accueillir une rencontre de football, ce n’est pas la plus optimisée et c’est pour cette raison qu’on lui donnera un 2/5 (oui parce qu'elle est quand même en bon état et plutôt propre).

Deuxième petit point qui n’est pas à imputer réellement au stade Charléty mais au fait que c’est une rencontre de Domino’s Ligue 2 et que les moyens sont moindres : la sécurité. En tribune visiteurs où je me rends tout le temps (enfin les deux fois où j’ai été) à Charléty, il n’y a pas de stadiers femmes. N’allez pas comprendre ici que cela m’a terriblement déçue de ne pas avoir une fouille au corps mais je constate simplement que puisque les hommes peuvent que regarder votre sac, c'est facile pour une femme de faire rentrer ce qu’elle veut dans l’enceinte du stade. C’est le seul point négatif que j’ai constaté car, sans trop entamer le prochain paragraphe, quand il s’agit d’intervenir dans une bagarre, même pas peur. Pour la sécurité on mettra donc un 3/5 parce que bon, en Domino’s Ligue 2, pas de femmes stadiers c’est limite. 

Avant l’ambiance, arrêtons-nous un instant sur le public du stade Charléty. C’est un stade où le public vient en famille, où les sections jeunes du Paris FC et les clubs des alentours se retrouvent. Globalement c’est une ambiance plutôt familiale mais voilà, quand on joue dans un stade de plus de 18 000 places, avoir seulement en moyenne 3 500 spectateurs, c’est pauvre. Le public a ses habitudes, vient aux matchs pour passer un bon moment, parce qu’il est amateur de football et que c’est du football abordable. A Paris, il y a trois clubs : le PSG toujours sold out et hors de prix, le Red Star qui joue à Beauvais en Domino’s Ligue 2 et le Paris FC qui est le compromis pour consommer et vivre sa passion sans faire des kilomètres et casser le PEL. C’est donc un public qui se cherche un peu, loin de la ferveur et de la passion qu’on peut voir à Lens ou à Metz. C’est aussi un public qui se bat entre eux. On a assisté à une joviale bagarre de plusieurs individus dans le même groupe de supporters. Ce n’est quand même pas très banal de s’attaquer entre soi mais les stadiers ont, après de longues minutes, maitrisé la situation. Néanmoins quand il y a un tel public familial, voir des individus qui se battent le rang en dessous de toi, ça ne donne pas envie de revenir avec ton gamin le match suivant. Pour le public ça sera donc un 2/5

Dernier point qui ne fera pas passer la moyenne au stade Charléty : l’ambiance. Pour ce derby, les supporters des deux équipes avaient mis les moyens et comptaient donner de la voix et faire de la lumière. Tambours, drapeaux, banderoles, fumis… Ce n’est pas n’importe quel match, c’est un derby. Si l’ambiance est mauvaise à Charléty c’est d’une part parce que le stade est trop grand et donc fait vide, d’autre part parce que son architecture fait qu’on n’entend pas la tribune d’en face. C’est un stade ouvert qui ne résonne pas et même si le mec dans la tribune d’en face se casse les cordes vocales, vous ne l’entendrez pas. Il faut faire un silence complet pour qu’un murmure venant d’en face soit audible et ça nuie à l’image que dégage Charléty. La principale raison pour laquelle je ne vais pas aux matchs du Paris FC c’est parce que je sais qu’à la télé ou au stade, il n’y a pas de différence. Encore une fois, je pense que le stade est le point faible de cette équipe car pour ce derby, tout le monde avait envie de revendiquer le trône parisien de la Domino’s Ligue 2. Pour l’effort et l’envie, j’accorde un 1,5/5 même si on ne voit pas les banderoles de loin et que les supportent tuent l’ambiance avec des bagarres mais vraiment, ça ne donne pas envie de venir faire l’expérience d’un match de foot à Charléty. 

Note finale de ce stade : 8,5/20. C’est clairement contre le stade en lui-même que je râle car finalement le Paris FC n’a rien à voir là-dedans, il y joue seulement ses matchs. Pour me faire une idée sur le niveau de supportérisme du public, il faudrait que je les vois jouer à l’extérieur. En tout cas une chose est sûre, ne vous embêtez à prendre le RER B jusqu’à Cité Universitaire ou le tram jusqu’à Gentilly, ça ne vaut pas le coût de se lever de son canapé. 

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire

Copyright © 2017 Vis en rousse
Web Savvy Designs. Out of the FlyBird's Box.