Mon premier match au Bernabéu

mercredi 12 décembre 2018


Bon ce n’est pas une surprise, si dans le précédent article je vous expliquais comment j’ai galéré (et le mot est faible) à avoir des places pour voir Real Madrid vs Valence c’est que j’avais très envie de découvrir ce stade du Santiago Bernabéu aka le stade de la Maison Blanche qui dans le monde entier est le premier mot qu’on associe au Real. On peut ne pas soutenir une équipe et en connaître le stade tellement il est symbolique et impressionnant, c’est le cas du Bernabéu. Tout le monde le connaît, connaît son nom, que ce soit en Europe, en Indonésie ou à Los Angeles. A l’image de l’équipe qui y joue, c’est un stade emblématique. A la fin de cet article, vous comprendrez qu’il a d’emblématique que le nom et certainement pas l’ambiance.

J’étais déjà passée devant et c’est un de ces stades qui en impose par sa stature. Il est très haut, paraît froid car de tons gris, ses colonnes aux quatre coins du stade ont des allures de passerelles de parking… Bref, ce stade n’est pas joli mais il est imposant et vous vous tordez le cou pour en juger sa hauteur. Si j’étais aussi impatiente de découvrir l’ambiance dans ce stade c’est parce que j’ai en tête ces images de ferveur populaire dans les rues de Madrid et dans le stade à chaque célébration de titre et particulièrement de la Champions League. A travers ce bus parcourant la ville, ce show à l’américaine où chaque joueur est acclamé dans le stade, vous voyez que cette équipe est populaire, que cette équipe est soutenue et applaudie. J’ai donc naïvement pensé que cette ambiance était de rigueur à chaque match. Faux

Je ne vais pas passer par quatre chemins : j’ai été déçu par l’ambiance. Alors oui l’entrée des joueurs sur la pelouse sur le « Hala Madrid » est iconique et vous donne des frissons mais c’est à peu près le seul moment où le stade est bouillant. La célèbre tribune blanche ou plutôt ce que j’appellerai les trois blocs blancs du premier étage du virage chantent tout le match et animent populairement le stade mais sans reprise du public. Concernant les spectateurs visiteurs, ils ont été vulgairement placés dans un bloc au dernier étage où on sera sûr qu’on ne les entendra pas et ils peuvent essayer de ramener un mégaphone, ça ne changera rien. Moi qui m’attendais à de la chaleur dans ce stade, je n’ai eu que les radiateurs pour m’en diffuser.
Depuis, j’ai tenté de chercher des éléments de réponse à cette ambiance inexistante. Peut-être que ce n’était pas le bon match et que les derby, classico et rencontres de Champions League sont plus enivrants (en tout cas je l’espère). La vérité c’est que pour un stade pour lequel on paye des places aussi chères, où il y a une telle demande pour faire partie des chanceux qui rentrent dans l’arène, ça ne casse pas trois pattes à un canard. Pour compenser ce silence, il faut au moins que l’équipe sur le terrain assure le spectacle sinon, vous ressortez de là plus frustré que jamais. 
Vous l’aurez compris, pour l’ambiance on décernera un 1/5 à ce stade qui entonne 45 fois par match le « Hala Madrid » mais qui devrait penser à se diversifier. 

Mais parce que l’ambiance ce n’est pas que les chants, les tifos et les fumigènes, parlons du public. Un public bien différent que celui auquel je suis habituée en France. Là où souvent en France on cherche un peu des excuses aux mauvaises prestations des joueurs, là-bas que le mec soit joueur de ton équipe ou non, s’il est mauvais ou s’il se fait humilier sur le terrain, personne n’hésitera une seule seconde à le pourrir. On se lève, on siffle, on l’insulte. Prends-en pour ton grade mon petit, c’est plein de violence. A l’inverse, tu es excellent, tu brilles, tu sauves des actions alors tu es acclamée, applaudis et tu as même une standing ovation. Ce soir-là Courtois en aura eu deux. Les supporters ne passent pas par quatre chemins, tu es bon tu es félicité, tu es mauvais tu te fais incendier. Le lendemain, on aura oublié et au prochain match, ton ardoise sera à nouveau vierge mais pendant ces 90 minutes, tu es jugé comme n’importe quel joueur de football. Contrairement à nous les français, ça râle aussi moins contre l’arbitre et j’étais même un peu étonnée de certains tacles qui ne bénéficient d’aucun arrêt de jeu ou carton alors que la même action au milieu du Vélodrome, c’est tout le stade qui insulte et siffle l’arbitre. Vu comme ça, on dirait presqu’ils sont parfaits ces supporters ? FAUX, FAUX, FAUX. Déjà un peu comme au Parc des Princes, vous vous rendez compte qu’il y a quand même un grand nombre de touristes parce que le Bernabéu est une attraction comme faire de la barque au Retiro (sauf que ça coûte tellement cher le Bernabéu que pour le même prix tu es au premier rang au Parc alors que là ils se retrouvent au troisième étage). Deuxième point, il mange des graines de tournesol tout le match. C’est délicieux et moi aussi j’en mange MAIS je ne jette pas mes déchets par terre sous mon siège. Je ne doute pas que c’est culturel, un peu comme moi et mon paquet d’Haribo mais ça laisse le stade dans un état de poubelle. Vous avez des détritus partout et c’est vraiment très sale. En termes d’image, vous dégagez la même chose qu’une déchetterie et ça nui clairement à votre expérience quand vous êtes un étranger.
Pour le public, on mettra donc la note de 3/5 parce que même s’ils sont gentils et conviviaux, les déchets par terre c’est non. 


Troisième point de notation (oui vous l’avez compris j’ai décidé de devenir experte en notation de stade) : la sécurité. Soyons honnête, vous faites rentrer ce que vous voulez dans ce stade. Tout d’abord, n’importe qui peut accéder aux abords du stade et aucun pré-filtrage de sécurité est mis en place comme on peut le connaître en France. Le métro est littéralement à 300m de la première porte et le seul contrôle que vous aurez est après avoir validé votre ticket. Quelques jours avant, rencontre de Champions League au Parc des Princes, j’ai eu ce qu’on appelle un contrôle intégral pendant trois minutes. Au Bernabéu, si la sécurité m’a touché plus de 20 secondes c’est un record. Un coup d’œil dans le sac, au niveau des poches de pantalon et une caresse sur les bras, c’est fini : bon match. Ce n’est pas plus mal vous me direz quand vous perdez parfois 20 minutes cumulées avec tous les contrôles en France mais vous êtes quand même un peu sceptique sur la pertinence de ceux-ci. C’est une réflexion 100% franco-française parce que je pense qu’on n’est plus sensibilisé dans notre pays à cause des événements de ces dernières années mais il était important de le souligner.
On adjugera donc une note de 3/5 parce que c’est rapide c’est chouette mais je n’ai pas vraiment l’impression d’être plus en sécurité. 

Enfin, concluons cette bien trop longue analyse (je m’excuse mais je suis vraiment très bavarde) par la qualité des infrastructures. Ce qui est bien c’est que le Bernabéu est facilement accessible, comme je le mentionnais le métro est à 300m. Vous circulez facilement autour du stade avec plein de choses pour se restaurer. Petit tip : je vous conseille de manger avant d’entrer dans le stade car en fonction d’où vous êtes situé, vous n’allez pas croisé de buvettes tout de suite (genre si vous rentrez par les extrémités des tribunes). En effet, à partir du moment où vous passez le contrôle de sécurité à celui où vous posez vos fesses sur votre siège, vous allez monter beaucoup de marches (mais genre beaucoup beaucoup)(c’est top pour les fessiers, un peu moins quand votre cardio est inexistant) mais pas vraiment avoir le temps de passer à la buvette. Arrivée à votre étage, il faut trouver votre porte puis le bloc, le rang et votre siège. Disons qu’à la même porte, vous avez 6 blocs différents qui ne sont pas du tout structurés de manière logique et la première fois, vous mettez bien 5 minutes avant de comprendre où sont affichés les numéros des blocs et donc où se trouve votre rang puis votre place. Même trouver la sortie d’un labyrinthe c’est plus facile. On va être honnête, la qualité du secteur « grand public » n’est pas vraiment la priorité du Real qui préfère, à mon avis, développer les espaces VIP comme avec le centre commercial et même l’hôtel qui sont dans les projets d’agrandissement. Le petit point qui fait plaisir c’est quand même le chauffage situé au niveau des projecteurs tout en haut et qui évite de finir congeler au bout de 90 minutes. 
Pour le stade on mettra quand même 4/5 parce que c’est un stade impressionnant dans sa hauteur, où les escaliers sont aussi efficaces que 100 squats et parce que le chauffage au mois de décembre c’est pas mal. 

Note finale : 11/20 pour le Santiago Bernabéu qui, vous l’aurez compris, ne m’a pas particulièrement séduite. C’était à faire, c’est fait mais si ce n’est une opportunité de voir un très grand match, je ne retournerai pas dans ce stade qui manque d’activité en tribune pour moi. Quand on a une si grande équipe sur le terrain, on devrait avoir des supporters au rendez-vous et à mon sens, ce n’est pas le cas et ça joue énormément sur votre expérience.

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