Le PSG, sur la trace de l'antidote de la gueule de bois

jeudi 29 novembre 2018


Il y a des jours où le football est synonyme de maux, où il vous retourne les tripes d’angoisse et d’excitation en même temps. C’était le cas le 15 juillet, c’était le cas hier. Il était sûrement un peu tôt dans la saison pour qu’un match me retourne déjà l’estomac comme si j’avais pris une cuite mardi soir mais miracle, j’ai trouvé un antidote : Thiago Silva. Oui non désolée, je ne peux pas encore dédier 800 mots à Juan Bernat sous prétexte qu’il marque à Naples et contre Liverpool… Quoi que, ça pourrait ne pas tarder à arriver !

Depuis samedi soir, cette confrontation face à Liverpool est synonyme de « tu gagnes ou tu meurs ». La dernière fois que le PSG a lancé une telle campagne de communication, c’était face au Real et cela n’avait pas eu autant d’effet. Personne ne m’a acheté pour que j’écrive les mots qui vont suivre mais je n’ai jamais vu une ambiance au Parc des Princes comme celle d’hier soir où les 3/4 des tribunes ont donné de la voix. Pas assez d’après Tuchel et Neymar mais s’ils avaient été là le 6 mars dernier, ils auraient alors constaté qu’on a doublé les décibels (s'ils ne doublaient pas les prix des places, cela aiderait aussi à avoir un public moins calme). Le tifo n’était pas aussi beau mais l’unisson, souvent en décalée, était plus qu’un douzième homme

De mon troisième rang, j’ai passé une première mi-temps sur la ligne d’un Thiago Silva qui dès le début a joué du corps à corps, puis de la tête, puis de vitesse. Alors qu’encore plus près de moi j’avais un Kimpembe qui me faisait mettre mes mains sur mes yeux à chaque relance, plus loin le capitaine avait installé la confiance. Ajouté à cela un Bernat qui se faufile et qui use de quelques prises de kung-fu pour reprendre le ballon, un Marquinhos excellent dans la relance et dans son repli défensif, un Verrati qui se bat (parfois trop) pour récupérer le ballon, c’est bon ma cuite de la veille était en train de se volatiliser. 



Pour une fois, je n’ai presque pas eu peur comme je n’ai presque pas peur des montagnes russes. Je ne suis pas sereine avant de monter dedans et puis une fois que tu es installée et que ton wagon est parti, tu n’as plus le choix. C’était un peu le cas du match d’hier soir, ça faisait peur, il y avait potentiellement une relégation en Europa League mais à partir du premier coup de sifflet, il faut y aller. L’avantage c’est que dans un match de football tu joues à 11 alors que dans ton wagon de Space Mountain, tu es tout seul avec ta peur. A 11 tu t’entraides, tu te soutiens, tu accompagnes et si tu en vois un hésiter alors tu vas le soutenir. A 11, c’est comme ça qu’a joué le PSG hier soir (minus les quelques solos de Mbappé et un Cavani… je le cherche encore) et plus qu’à 11, ils ont joué en équipe. 
« Equipe », c’est souvent un terme qu’on reproche au PSG de ne pas connaître. Au travers de ses fortes individualités, à eux seuls Neymar et Mbappé peuvent changer un match et faire gagner l’équipe sur deux actions, c’est comme si parfois jouer en équipe voulait dire ralentir. Hier, Neymar n’a pas eu besoin de briller seul, il voulait même aider ses coéquipiers à briller pour qu’au-dessus de tout, l’équipe brille. Même si ce sont des individualités qui marquent les esprits ici et là, si le bloc n’avait pas agi ensemble pour avancer et se créer des solutions, personne n’aurait brillé et ce matin Paris serait décrié. 

Le huitième de Champions League n’est pas encore gagné et ce match à Belgrade ne sera sûrement pas une partie de plaisir mais c’est aussi dans ces rendez-vous qu’on voit le potentiel d’une équipe. Pas seulement le potentiel physique et technique sur le terrain mais le potentiel mental, le potentiel du groupe, le potentiel de l’état d’esprit. Paris a tout pour gagner, les joueurs, le talent, les moyens financiers et si parfois Paris se loupe ce n’est pas parce que Neymar est devenu mauvais dans la nuit, c’est parce que Paris se cherche encore, parce que ce n’est pas comme jouer avec ta bande de copains au city du quartier où la connexion est simple, l’automatisme évident. A Paris, on rentre enfin dans la phase où on fait passer l’objectif commun avant l’objectif personnel, où briller ensemble est plus important que briller individuellement, où tu ne cherches plus ton voisin, tu le trouves. C’est simple à écrire, moins simple à faire. Un peu comme soigner sa cuite de la veille : simple de trouver un remède de grand-mère, moins simple de dire s’il va marcher. C'est peut-être ça qu'est en train de faire le PSG: trouver l'antidote à la gueule de bois. Il a marché une fois, marchera t-il sur le long terme ?

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