D'une Coupe du Monde à l'autre

dimanche 2 septembre 2018



Alors que la Coupe du Monde féminine des moins de 20 ans s’est terminée il y a moins de 10 jours, c’est déjà l’heure de se tourner vers le prochain grand événement : la Coupe du Monde féminine 2019 qui aura lieu du 7 juin au 7 juillet en France. Hier soir, c’était la rentrée des Bleues, une semaine après la reprise de la D1 Féminine. Elles ont affronté le Mexique à Amiens et ont remporté ce match 4-0. Une rencontre sérieuse dont ressort des enseignements positifs et des automatismes à travailler devant le but pour être encore plus décisives. 

Il y quelques jours c’est donc le Japon qui remportait face à l’Espagne la finale de la Coupe du Monde féminine des moins de 20 ans alors que les Bleuettes devaient se contenter que de la médaille en chocolat. Au delà de la déception sportive, il y a un bilan événementiel très intéressant à faire. En effet l’événement a fait forte impression en Bretagne et à mobiliser en nombre les supporters qui ont remplis plusieurs fois les stades à guichets fermés, établissant même un record pour un match féminin de moins de 20 ans de 5409 spectateurs pour la finale. Les touristes étaient au rendez-vous et la qualité du stade de la Rabine a été souligné (d’habitude la Rabine accueille les matchs de D2 de rugby). On a également pu voir les nombreuses nations présentes être disponibles pour le public à la fin des entraînements, rencontrer des associations et même nettoyer les plages. Une Coupe du Monde proche des habitants qui lui ont bien rendu en faisant de cet événement un succès. 

Avant de conclure cette Coupe du Monde il fallait bien que la FIFA organise une petite réunion pour parler du développement de la discipline. Tout d’abord on peut retenir un chiffre : il y a deux ans, il y avait seulement 32% de femmes à la direction et dans  comités de direction des instances et clubs, aujourd’hui il y en a 48%. Une progression importante qui souligne le travail fait et surtout la pédagogie pour accompagner ces femmes dans des rôles à responsabilités. 

Lors de ce congrès pour le développement du football féminin, plusieurs objectifs ont été fixés comme : que les 211 fédérations membres aient une femme dans leur comité de direction et une stratégie pour développer la discipline, doubler le nombre de ligues pour les jeunes, établir une nouvelle compétition internationale, atteindre 60 millions de pratiquantes et enfin, qu’il y ait 1 milliard de téléspectateurs qui regardent la Coupe du Monde féminine 2019. Pas d’objectifs sans stratégies, la FIFA va pour cela aider au développement sur et hors du terrain en développant plus de programmes pour les coachs, les arbitres mais aussi donner des moyens aux académies d’accueillir plus de jeunes filles. La FIFA souhaite améliorer les compétitions professionnelles en se servant de la popularité des existantes pour introduire le futsal, renforcer le calendrier avec plus de rencontres, optimiser les compétitions régionales. D’un point de vue commercial, la FIFA souhaite proposer une offre commerciale plus riche et surtout dédiée à la discipline sans mélange avec le football masculin, développer la promotion digitale en se servant de canaux de distributions alternatifs, mobiliser des ambassadeurs, collaborer avec plus d’associations, leaders et influenceurs. Pour que la gouvernance atteigne les 50% souhaité, l’institution souhaite soutenir, encourager et apporter les formations nécessaires à toutes les femmes qui veulent s’engager et surtout, améliorer la professionnalisation dans de nombreux pays où l’encadrement est encore très amateur. Dernier pilier plus social qui est d’éduquer plus largement sur l’impact positif qu’a la pratique sportive et la pratique du football chez les jeunes filles et femmes. L’idée est de renforcer les programmes d’héritage avec des actions fortes, développer des partenariats avec des associations et des organisations locales pour aider à la réinsertion, l’autonomie, l’affirmation de la place sociale de la femme grâce à l’appui des fédérations nationales. 

Un programme riche dont je suis sûre nous verrons des évolutions dans les mois à venir, surtout chez nous en France avec l’arrivée de cet événement majeur. Pas à pas, le football féminin fait sa place comme à la télévision où la D1 Féminine est maintenant retransmise par Canal + tandis que c’est W9 qui a acquis les droits des Bleues. Autre changement majeur à l’échelle européenne, l’organisation de la finale de la Champions League dans une ville différente que celle des garçons pour créer un événement propre et des droits télévisés négociés par l’UEFA mais on aura le plaisir d’en reparler avec le retour de la Women's Champions League. 

Une chose à retenir : le football féminin évolue et ce n’est pas pour nous déplaire.  

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