Un Tour, 6 étapes et des madeleines

jeudi 9 août 2018


Plus que 331 jours avant que le Tour de France 2019 débute et mon excitation est déjà à son comble. Il y a trois jours que j’attends avec hâte chaque année : mon anniversaire, le jour de Noël et le premier jour du Tour de France. Contrairement à la Coupe du Monde, l’Euro ou encore les Jeux Olympiques, le Tour de France c’est TOUS les ans et c’est une formidable raison pour en être si impatient.

Cette année, je n’ai certainement pas les 3351 kilomètres dans les jambes comme nos amis coureurs mais je peux vous le dire, j’en ai vu du paysage. 6 étapes au compteur, du bus, du train, de la voiture, des coups de soleil, du vent, de la pluie… Retour sur mon Tour de France 2018.

Depuis quelques semaines déjà, on avait prévu avec une amie à moi de suivre le Tour de France le week-end du 14-15 juillet. Ce n’était pas trop loin de Paris, on avait anticipé le déplacement et l’hôtel, on attendait qu’une chose : que cette date arrive. Mais comme rien ne se passe jamais comme prévu, quelques semaines avant le début du Tour, l’équipe pour laquelle nous travaillions toutes les deux l’an passé a annoncé que notre coureur chouchou participerait au Tour en remplacement d’un autre. SON PREMIER TOUR. Ni une ni deux, tous nos plans ont changé et après le quart de finale entre la France et l’Argentine, une semaine avant le début du Tour, on prenait nos billets pour descendre en Vendée.

Improvisation totale au rendez-vous pour ce premier week-end. Nous avions un billet de bus aller pour La Roche sur Yon et un billet de train retour pour la même ville mais aucun moyen de locomotion ni aucune chambre de réservée pour la nuit. Le « La Roche sur Yon Express » était lancé ! Par chance, nous avons croisé un véhicule Vittel au restaurant où on a déjeuné et les messieurs ont accepté de nous conduire à l’arrivée de la première étape à Fontenay le Comte. Malgré notre meilleur sprint à l’arrivée, nous sommes arrivés en retard. Notre ami au volant n’était pas encore très familier avec le parcours hors-course du Tour mais l’essentiel était là : on était arrivé et nous allions pouvoir retrouver un ami et une voiture. Si vous avez suivi mes stories Instagram ce jour-là, alors vous savez qu’on s’est retrouvé avec un iPhone à réinitialiser à 22h30 à Niort et que grâce à Twitter on a trouvé quelqu’un possédant un Mac pour nous aider. Comme quoi, la magie des médias sociaux de temps en temps… De vous à moi, quand j’ai enfin fermé les yeux pour me coucher, j’étais la plus heureuse.


Le lendemain, réveil 6h30, départ de l’hôtel à 7h30 direction le village départ de la deuxième étape. Le plus plaisant sur le Tour de France c’est de rencontrer toutes ces personnes qui s’activent en coulisses pour le bon déroulement de celui-ci. Les policiers, les agents de sécurité, les équipes techniques qui montent et démontent les structures, le staff Sodexo qui nourrit tout le monde, les teams partenaires, les équipes de l’organisation… Chaque soir, vous vous retrouvez dans des villes, parfois perdues au milieu de nulle part, et vous êtes certains de rencontrer quelqu’un du Tour. De fils en aiguille, vous dînez tous ensemble et c’est là que vous vous rendez compte de la famille qui se créé et pourquoi tout le monde a hâte de se retrouver chaque année. Dans la vraie vie, vous n’irez jamais discuter avec un policier en train de manger votre sandwich alors que sur le Tour de France, c’est tout à fait normal.

Qui dit premier village départ dit madeleine de chez Saint-Michel, café Senseo, boîtes d’Haribo qui vous tentent à chaque stand, saucisson à 10 heures du matin, gaufres, jus Pressade… Et tout ce qui vous fera prendre quelques kilos disgracieux avant les vacances et donc le maillot de bain. Heureusement que c’est pratiquement le seul moment de la journée où on mange car le reste du temps, c’est un peu la course. La course pour voir les coureurs, la course pour rejoindre son véhicule, la course pour arriver à temps avec le parcours hors-course à l’arrivée de l’étape, la course quand une fois garée à l’arrivée il faut rejoindre les espaces Izoard et Tourmalet. Oui le Tour de France n’est pas qu’une course cycliste, c’est une course organisationnelle où tout doit être réglé comme du papier à musique chaque jour.


Le week-end suivant c’est Paris – Dreux – Amiens – Arras que nous avons fait avant que la Grande Boucle prenne la direction de Roubaix. Jour de finale de Coupe du Monde oblige, il fallait qu’on rentre à Paris pour vivre ça tandis que les visages crispés du peloton s’apprêtaient à filer sur les pavés. Le village départ était au cœur de la Citadelle d’Arras, dans la poussière rouge où se déroule également le Main Square Festival. En coulisse, tout le monde se demande comment suivre la finale alors qu’il faut filer à Annecy pour la journée de repos pendant qu’à côté, le public est encore au rendez-vous pour la Caravane.

Ah la Caravane, la véritable attraction de ce Tour de France. Qu’on se le dise, combien de personnes sont au bord des routes pendant les 30 minutes de Caravane et rentrent tranquillement chez eux avant que les coureurs ne passent en coup de vent ? Beaucoup, enfin sauf en montagne. C’est toujours impressionnant de voir le monde amassé derrière les grilles, levant les bras dès le premier char LCL jusqu’au dernier Vittel. Peu importe le goodies, il faut en avoir au moins un. Il y a les classiques qui sont prêts à tout pour le bob Cochonou et puis ceux qui se ravissent même d’un coucou de la pom-pom girl du char XTRA. Et le must du must, ça reste le célèbre klaxon du Tour de France dont de nombreuses voitures Skoda sont équipées. Lancez-le et vous réveillerez les foules, il est l’heure de faire votre meilleur salut de la main comme quand vous imitez la reine Elisabeth II. Peu importe qui vous êtes, vous ne savez pas comment un simple coucou peut illuminer le visage des enfants sur le bord des routes.

En quittant le Tour à Roubaix, il était impensable de ne les retrouver qu’à Paris. C’est donc pour l’avant dernière étape, le CLM entre Saint-Pée sur Nivelle et Espelette que je suis de retour. Les CLM c’est toujours particulier, d’autant plus un avant dernier jour où la plupart de l’organisation est déjà repartie pour Paris et surtout en individuel où le temps est long, très long. Pour cette avant dernière, on a placé la barre haut. Alors que sur toutes les étapes la majorité des invités du Tour de France circulent dans des véhicules avant-course (il y a généralement 2 places disponibles dans les voitures des directeurs sportifs), avec un CLM, un véhicule peut être derrière chaque voiture équipe pour suivre un coureur. Là, en voiture suiveuse vous êtes au cœur de la course. A 300m du coureur, vous êtes à sa vitesse, vous sentez le public se resserrer autour de lui, vous entendez les mêmes encouragements. C’est sûrement l’une des plus belles expériences possibles de vivre sur le Tour avec le tour en hélicoptère de la prestation VIP.

Un dernier transfert, une playlist digne des meilleurs road-trip et un McDo plus tard, l’heure est au Champs-Elysées, l’étape la plus chill du Tour. Celle qu’ils font pour les frissons en arrivant sur les Champs, pour les étoiles dans les yeux quand la patrouille de France passe au-dessus d’eux, pour la gloire de dire qu’après trois semaines ils ont fini le Tour. Autour, l’heure est plutôt à la représentation. Tout le gratin du cyclisme et du monde sportif, sponsors compris, est présent et ils se congratulent mutuellement de voir leur investissement financier être arrivé jusqu’au bout. Il y a du champagne, des sourires, des blagues, des photos souvenirs et mêmes des pizzas avant que chaque équipe se retrouve entre elle, en famille. Il vient alors l’heure des discours, des remerciements et déjà une petite pointe de nostalgie. Quand plus tard dans la nuit on quitte ces visages familiers qui nous ont accompagnés quelques jours, on se dit alors : « vivement l’année prochaine ». 




Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire

Copyright © 2017 Vis en rousse
Web Savvy Designs. Out of the FlyBird's Box.