Un classique de princesses

lundi 23 avril 2018




Le football féminin, on aime ou on n’aime pas. Pour tomber dedans, il a fallu que la ville où j’ai grandi atteigne la Division 1 (pour qu’une saison mais quand même). Il y a 9 ans, Lyon dominait déjà le championnat, le Paris FC n’avait pas encore intégré l’équipe de Juvisy qui occupait le top 3, l’Olympique de Marseille n’existait pas, ni même les Girondins de Bordeaux. Le championnat était inconnu aux chaînes de télévision et Jean-Michel Aulas n’aurait jamais proposé 20 000 euros de salaire mensuelle à une joueuse française. Bref, on parle des qataris et du PSG mais à sa mesure, le football féminin a lui aussi pris de l’ampleur suite, notamment, à la performance des Bleues lors de la Coupe du Monde 2011 en atteignant les demi-finales face aux Etats-Unis.

Depuis 2011, l’Olympique de Marseille a décidé de relancer une équipe féminine. Après le district, la division d’honneur, la division 2, l’équipe a enfin retrouvé l’élite féminine lors de la saison 2016-2017. Une élite de courte durée puisque suite à sa défaite 4-0 hier face au PSG, elles sont déjà reléguées pour la saison prochaine. Et c’est bien sur ce match d’hier que je souhaitais revenir.




Habituellement, il n’y a pas grand monde dans les tribunes de Georges Lefèvre, déjà parce qu’aller à St-Germain-en-Laye ce n’est pas pratique et puis, toutes les rencontres n’ont pas la même saveur qu’un PSG-OM. Soyons clair, même si le Collectif Ultras Paris est très proche de l’équipe féminine et fait en sorte de toujours leur apporter leur soutien, aller voir PSG-Rodez ou bien PSG-Albi, ce n’est pas la rencontre la plus alléchante. Surtout quand le match est à 15h, un dimanche après-midi en plein mois de novembre. Alors les grands rendez-vous face à Lyon, Montpellier, Marseille ou encore le Paris FC, il ne faut pas les louper. Pour la première fois de la saison, les féminines ont pu jouer à Jean Bouin face à 5000 supporters chantant en tribune et c’est une bonne chose.

La plupart des supporters présents aiment le PSG plus que le football féminin et on ne peut pas leur enlever cette passion pour le club de la capitale plus que pour la discipline car grâce à eux, grâce à l’animation des tribunes, ils font venir du monde. Je pense dire sans trop me tromper que la moitié des personnes présentes n’auraient pas regardé cette rencontre à la télévision parce qu’elles n’auraient pas été debout, à chanter, à acclamer, à applaudir. Pouquoi ? Parce que le football féminin ce n’est pas le football de la Ligue 1 Conforama. C’est moins surjoué, moins d’arrêts de jeu, probablement pas de joueuses qui se prennent la tête sur un terrain, un arbitrage qu’on critique moins… Oui, le football féminin peut être plus lisse sans forcément manquer d’intensité parce qu’il y a de l’action, des courses rapides, des gestes techniques, des fautes dans la surface, des contrôles, dribbles… et ce pourquoi on aime le football mais à l’échelle du football féminin.

Au coach marseillais qui a dit que le public n’a pas été classe, je lui réponds qu’un OL – ASSE aurait été similaire parce que les Bad Gones sont de la même trempe que le CUP et c’est la raison pour laquelle le match du 18 mai devrait être de haute qualité en tribunes si les supporters lyonnais font le déplacement.




Ma naïveté me pousse à croire que l’animation des tribunes permettra de recruter de nouveaux fans de football féminin parce qu’on préfère tous venir voir un match dans un stade qui chante que dans un stade silencieux où tout le monde est assis. Je doute que la Coupe du Monde des moins de 20 ans qui se déroule en Bretagne cet été va attirer du monde, enfin sauf les supporters de Marie-Antoinette Katoto mais le prochain rendez-vous... Avec la diffusion de 100% de la D1 féminine l’an prochain par Canal +, un résumé de la journée dans le Canal Football Club, j’espère qu’à l’image du PSG, de Montpellier ou de l’OL, les supporters du club deviennent des supporters de toutes les équipes du club afin, à long terme, d’en faire des fans de football féminin. Objectif final : faire de la Coupe du Monde féminine 2019 une fête, que les stades soient presque aussi remplis qu'en Allemagne ou aux Pays-Bas (oui bon on peut rêver) et que sait-on jamais, l'Equipe de France soit sacrée.


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