Etre supporteur et amoureux

mercredi 21 mars 2018


Après les tristes événements qui se sont déroulés à Lille il y a dix jours, je me suis demandée quelle était la définition d’un supporteur. D’après le Larousse, dans un cadre sportif, un supporteur est une personne qui encourage son équipe tandis que le verbe supporter, toujours dans un cadre sportif, signifie apporter des encouragements à une équipe. Si nous prenons cette définition au pied de la lettre, drôle d’encouragements qu’ont donc apporté ces supporteurs en employant la violence pour manifester leur mécontentement. 

Bien que je ne sois pas le Larousse, j’ai ma propre définition du supporteur. Un supporteur est une personne qui encourage son équipe mais pas seulement, un supporteur est une personne engagée dans une histoire d’amour. 

Aujourd’hui un supporteur vit pour son club, son équipe. Il est animé par la passion, il est comblé d’adrénaline, il attend aussi impatiemment une rencontre de Champions League que le jour de noël et tandis que les joueurs viennent puis s’en vont, lui il reste. Il n’abandonne pas la relation, il est marié à vie. Victoire, défaite, saison après saison, le onze de départ évolue mais le supporteur dans les tribunes sera toujours le même, c’est son nid d’amour et c’est pour cette raison qu’il n’est pas seulement là pour encourager mais aussi pour s’engager, pour exprimer sa joie et sa peine.

Vous avez déjà vécu cette situation où vous soutenez un club pour une raison qui vous appartient et qu’un soir autour d’un verre on vous dit que c’est un club de merde, que votre saison est pourrie et on ne manque pas de vous faire remarquer que vous êtes 17ème du championnat ? En tant que supporteur, ça fait mal au cœur parce que c’est vrai. Il y a 7 ans, vous gagnez le championnat et aujourd’hui, vous vous battez pour ne pas être relégué. Vous le savez, vous, en tribune que ça ne tient pas la route, vous n’êtes pas contents mais ce n’est pas vous qui jouez. Vous subissez le jeu de votre club de cœur et au-delà de la moquerie d’un con qui vous provoque au bar, vous l’aimez trop pour ne pas vous taire. Quand on insulte votre moitié, même si elle vous a blessé, vous la défendez et là c’est pareil. Etre supporteur c’est plus qu’encourager, c’est aimer, être attaché, être passionné mais être supporteur ne doit pas signifier manquer de respect, braver la loi et taper ses joueurs. 

Etre en colère : oui. 
Crier en tribune : oui. 
Insulter : si vous voulez même si ce n’est pas joli. 
Frapper : jamais.

Dans un contexte actuel où on parle des violences conjugales ou des violences sur les enfants avec de fortes réprimandassions, comment peut-on imaginer une seule seconde aller frapper un inconnu sur un terrain de football ? Il a mal joué au football, il ne sait pas centrer et il fait de mauvais appels peut-être mais est-ce que cela justifie de se prendre un coup ? Je ne crois pas. Etre supporteur et en colère, c’est compatible mais être supporteur et violent, ce n’est vraiment pas l’image que je souhaite au football que j’aime, qui me procure 90 minutes de bonheur et qui me sort de mon train-train quotidien. 

Etre supporteur c’est aussi dire « bonjour, merci, au revoir » quand on croise un joueur. C’est avec des présentations que débute toutes les relations. Etre supporteur c’est préféré le dialogue plutôt que des actes déplacés. Etre supporteur c’est être dans une histoire d’amour très passionnée, avec des hauts et des bas, des moments d’extases et de doutes, des pointes de colères mais j’ose croire que quand vous êtes en froid avec votre moitié, vous engagez une discussion plutôt que de la frapper pour la faire réagir. Enfin, c’est comme ça que moi je vis mes histoires d’amour, dans le football et dans la vraie vie.

Alors chantons, crions, achetons des fleurs et des t-shirts, encourageons, pétons des fumigènes mais ne frappons pas car un coquard n’a jamais mieux fait jouer un joueur au football.

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