YouTube game : FC Barcelone vs Paris Saint Germain

mercredi 7 février 2018


Ce lundi, le compte Twitter @DeporFinanzas a publié le top 20 des clubs de football dans le monde d’après leurs vues cumulées au mois de Janvier 2018 sur YouTube. En tête de la liste on trouve le FC Barcelone avec plus de 36 millions de vues devant le club brésilien de Palmeiras et les anglais de Liverpool. Le premier club parisien est le Paris Saint Germain à la sixième place avec un peu plus de 5,1 millions de vues sur leurs contenus vidéos. 


A la vue de ce classement et malgré le fait que Barcelone ait 4,8 fois plus d’abonnés que le PSG sur YouTube, cela représente 7,1 fois plus de vues sur les contenus du club catalan sans qu’il n’a eu à poster 7,1 fois plus de vidéos mais seulement 1,3 et encore... (110 vidéos pour Barcelone vs 83 vidéos pour Paris). Alors comment le club espagnol arrive à créer davantage de vues sur ses vidéos que le club parisien qui pourtant, en se rapprochant de la plateforme Dugout en 2016, a diversifié ses contenus vidéos ? 

Le FC Barcelone ne s’intéresse pas qu’à son équipe première 
Contrairement à la chaîne du Paris Saint Germain qui se concentre sur son équipe première, la chaîne du FC Barcelone produit également du contenu sur son équipe première féminine mais aussi sur son centre de formation de la Masia. Une belle façon de mettre en valeur l’histoire et les jeunes pousses du club avec chaque semaine le « FCB Masia-Academy : top 5 goals ». Au-delà de valoriser les jeunes du club, on médiatise leurs parcours et par la même occasion on crée une histoire autour du centre de formation. De même pour l’équipe féminine qui est mise en valeur avec des productions mixtes telles que le « 24h with » ou le résumé de leurs matchs façon « highlight ». 

Comment contrer les droits de diffusion ? 
Globalement ces deux clubs se frottent à une limite dans la création de leur contenu : les droits de retransmission des rencontres parce que oui, comment parler du cœur du football à savoir ces matchs du week-end sans violer les droits de retransmission télévisés concluent par les ligues, instances et fédérations à des millions d’euros ? La réponse : on exploite tout le reste. A Barcelone, le club est spécialiste des lives d’entraînement, des signatures de contrat même si cela doit durer 40 minutes ou 1h, les entraînements d’avant-match et surtout de faire des focus précis sur des joueurs pour multiplier les contenus sans parler de l’équipe au global. On ira même jusqu’à analyser un geste technique fait à l’entraînement parce que toute image est bonne à prendre. 

Une dimension internationale 
Là où Barcelone publie 110 vidéos lors du mois de Janvier, Paris n’en publie pas réellement 83 puisque plusieurs de ces contenus sont doubles car sous-titrés dans une autre langue. Laissez-moi vous écrire qu’il est difficile de comprendre la logique du PSG de doubler ses contenus avec une voix anglaise sur une voix française quand il serait plus simple d’enregistrer des sous-titres anglais directement sur la vidéo ou bien d’intégrer des sous-titres anglais et portugais directement sur la plateforme de YouTube. De plus, si l’on regarde les vues des vidéos traduites, elles semblent peu regardées comme l’interview de Cavani avec plus de 28k vues en français pour seulement 3k sur la seconde version, de même pour Diarra où l’originale dépasse les 28k vues contre 8,7k sous-titrée. Seule l’interview de Neymar semble porter ses fruits avec 94k vues sur la version originale et 18k vues sur la version portugaise. 

Deux stratégies de contenus différentes 
En ligne, c’est aussi deux stratégies de contenus qui s’affrontent : une très sportive côté catalan face à une stratégie de joueurs accessibles côté parisien. La force du club espagnol est de voir sa chaîne YouTube comme une chaîne de télévision et un média qui crée son actualité. Au mois de janvier, pas moins de 4 vidéos ont été publié sur le retour de Dembélé. C’était le focus de la semaine, sa reprise, son premier match, ses impressions. La semaine d’après c’était l’arrivée d’un nouveau joueur et la semaine encore d’après le départ de Mascherano. Le FC Barcelone multiplie les contenus courts sur l’actualité qu’il souhaite privilégier et faire apparaître dans la presse dans la semaine ce qui permet de créer de nombreux contenus sportifs et moins « d’inside » comme privilégié à Paris. Quand l’actualité manque, le club espagnol se nourrit de l’histoire du club avec des focus sur des anciens buts, des anciens matchs et des anciennes gloires pour alimenter la passion de ses supporters. Une technique récemment reprise par Paris qui a inauguré une série « Goals of the week » ce mois-ci. 
A Paris, il y a le sportif bien évidemment avec des capsules d’entraînements, les actions phares d’une rencontre, le résumé des conférences de presse mais il y a aussi du contenu additionnel, moins sportif et fait pour créer une proximité avec ces joueurs qu’il est si compliqué de voir dans d’autres médias car tout passe par la communication du PSG. C’est donc des « ask », des « id », des contenus plus fun réalisés avec leur partenaire comme récemment le « How French Are You » de Orange qui sont postés pour nourrir la passion des supporters en les alimentant d’infos autres, parfois plus personnelles que leur 11 de rêve. 

Là où les deux clubs sont pratiquement à égalité c’est au niveau de l'inexistence de la mise en valeur de leurs supporters. Il y a quelques vidéos mais c’est un asset pas assez pris en compte aujourd’hui qui pourtant s’adresse directement à la cible de ces contenus : les fans. Parler des fans aux fans n’est pas stupide mais une véritable opportunité de remercier et mettre en avant les personnes qui font vivre et anime les tribunes. Dans une ère où on souhaite recruter de plus en plus de fans, dans des pays variés, il est peut-être l’heure d’aller les rencontrer et d’en faire, eux aussi, des sources de contenus (poke le fan generated content). 
Et après les supporters, peut-être serait-il intéressant d’exploiter la fan experience dans les stades où on propose de plus en plus de services et animations afin par la même occasion d’illustrer les coûts de billetterie et convaincre que le Parc des Princes est aujourd’hui une étape touristique pour tous.

Plutôt YouTube du FC Barcelone ou du Paris Saint Germain ?

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